Transcription
Vendredi le 25 septembre 2026
19 min 50 s (audio)
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Amanda Cupido : Bienvenue à Parlons du parlement, un balado qui met en lumière l’histoire, les processus et les personnes qui façonnent l’Ontario. Je m’appelle Amanda Cupido. Aujourd’hui, nous vous invitons à découvrir à quoi ressemble le quotidien d’un page.
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Saviez-vous que chaque année, environ 150 élèves de 7e et de 8e année sont sélectionnés pour participer au programme?
Ils ont l’occasion de rencontrer des personnalités importantes du monde parlementaire et politique et de découvrir de première main le fonctionnement du Parlement de l’Ontario et le processus législatif.
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Manuthi : Eh bien, je m’intéresse beaucoup aux aspects juridiques de notre société. Alors, quand j’ai appris qu’il était possible de venir voir l’Assemblée législative de l’Ontario à l’œuvre, j’étais vraiment impatiente de saisir cette occasion. J’ai donc décidé de présenter ma candidature.
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Amanda Cupido : Voici Manuthi. Elle vient tout juste de terminer son expérience en tant que page.
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Manuthi : Lorsque je suis entrée dans la Chambre pour la première fois, j’ai trouvé l’endroit grandiose et majestueux. Dès qu’on y entre, on réalise à quel point l’espace est vaste. Et le simple fait de penser que je me trouve ici, dans cet endroit où prennent forme les fondements de notre vie économique, politique et sociale, permet de saisir toute l’importance et toute la splendeur de cette salle.
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Amanda Cupido : Elle n’a que 13 ans, soit dit en passant. Henry faisait lui aussi partie de sa cohorte de pages.
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Henry : Nous sommes au service de tout le monde à l’Assemblée : les médias, les députés, le président de l’Assemblée, les greffiers, ainsi que les agents de sécurité et les agents des services cérémoniels. Nous sommes au service de tous.
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Amanda Cupido : Manuthi et Henry se sont tous deux assis avec moi dans la Chambre, vêtus de leur uniforme, un très élégant complet trois-pièces.
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Henry : C’est assez impressionnant de voir un groupe de jeunes de 13 ans en complet défiler dans l’Assemblée législative. Nous marchons deux par deux et effectuons des virages à 90 degrés à chaque coin. Parfois, nous faisons aussi ce qu’on appelle une séparation : nous partons dans deux directions, puis nous nous retrouvons à la fin.
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Amanda Cupido : En plus de leurs fonctions de service, les pages participent également à un cours sur le processus législatif.
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Henry : Ce qui m’a particulièrement marqué, c’est d’apprendre comment un projet de loi devient une loi. Et de voir ce processus se dérouler concrètement dans la Chambre a été une expérience formidable. Ça m’a vraiment permis de mettre les choses en perspective.
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Amanda Cupido : La personne qui guide les élèves dans cet apprentissage est Francisco Gutiérrez. Il est coordonnateur du Programme des pages à l’Assemblée législative de l’Ontario et se joint maintenant à moi pour nous parler du programme. Pour commencer, pourriez-vous nous décrire précisément le rôle d’un page?
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Franco Gutiérrez : Oui. Alors, les pages sont une partie très importante du fonctionnement de la Chambre. Ce sont les seules personnes, hormis les élus, qui peuvent se déplacer librement dans la Chambre. Lorsqu’une personne à l’extérieur de la Chambre ou un membre de la presse souhaite faire parvenir un message, c’est au page de le transmettre au député concerné et d’en assurer le retour au besoin.
Les pages contribuent également à distribuer de l’eau et certains documents importants, notamment les pétitions, les projets de loi et les motions. Ces documents sont ensuite remis par les pages au bureau du greffier ou au président de l’Assemblée.
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Amanda Cupido : Et à quelle fréquence ces tâches doivent-elles être accomplies?
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Franco Gutiérrez : Cela varie selon le moment de la journée. La période des questions est généralement la période la plus mouvementée. Quiconque l’a déjà regardée peut en témoigner. C’est également à ce moment que les pages sont le plus occupés. Ils apportent de l’eau aux députés qui en ont besoin, transmettent des messages des membres du personnel aux députés, et font circuler les documents et les messages entre le bureau du greffier et les différents endroits de l’enceinte parlementaire. Ils sont donc constamment sollicités dans la Chambre, les halls et les édifices, ici comme à l’édifice Whitney, de l’autre côté de la rue.
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Amanda Cupido : Et trouvez-vous qu’ils arrivent facilement à comprendre l’ensemble de leurs responsabilités et ce qu’ils doivent faire?
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Franco Gutiérrez : Au départ, tout cela peut sembler énorme. Pendant la séance d’orientation, ils reçoivent énormément d’information et doivent apprendre beaucoup de procédures et de nouvelles notions. On s’attend également à ce qu’ils puissent rapidement s’intégrer au fonctionnement de la Chambre, qui est un environnement très dynamique et parfois bruyant.
Mais après les premiers jours, la nervosité fait place à l’enthousiasme, et ils ont hâte d’en faire toujours plus. Il leur arrive même de se disputer pour effectuer les livraisons et participer aux différentes procédures. Il y a donc une certaine courbe d’apprentissage, mais après quelques jours, ils connaissent les procédures sur le bout des doigts.
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Amanda Cupido : C’est tellement mignon. Et, fait amusant, c’est moi qui ai fait la narration de la vidéo de formation des pages, alors je sais à quel point tout cela peut sembler accablant. Moi-même, j’avais trouvé ça accablant. lIs doivent mémoriser le nom de chacun des députés et savoir où ils sont assis. Oui. Ils doivent aussi mémoriser leur chemin dans tout cet édifice, ce que, pour être honnête, je ne sais même pas faire. Alors, chapeau à eux!
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Franco Gutiérrez : Oui. Tout à fait. C’est effectivement beaucoup d’information à assimiler. Heureusement, les pages bénéficient toujours d’un soutien dans la Chambre pour les aider. Nous avons notamment des placiers de l’Assemblée, qui sont des étudiants universitaires. Ils peuvent intervenir lorsqu’un page ne sait plus où siège un député ou ne se souvient plus de son visage.
Je suis également présent dans la Chambre, à l’étage, et les pages peuvent toujours venir nous voir s’ils ont besoin d’aide. Nous avons aussi un plan des places, qui sert d’aide-mémoire, derrière le fauteuil du président de l’Assemblée. Ils peuvent donc toujours s’y référer. Ils bénéficient d’un bon soutien et, comme ce sont généralement des élèves très studieux, ils arrivent à assimiler l’information et à s’acquitter de leurs responsabilités.
Il ne fait aucun doute qu’il y a beaucoup de choses à apprendre, mais avec la pratique, tout finit progressivement par s’ancrer. Ils arrivent ainsi à accomplir leurs tâches avec toute l’efficacité dont ils font habituellement preuve. Oui. Je suis d’ailleurs toujours impressionné de les voir à l’œuvre. Mm-hmm.
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Amanda Cupido : Puisque vous parlez de leurs tâches, je suis curieuse : combien de temps durent leurs sessions au total?
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Franco Gutiérrez : Leurs sessions et leur mandat suivent le calendrier parlementaire. Nous changeons de groupe à chaque semaine de circonscription. Chaque groupe de pages est donc généralement présent pendant une période de deux à cinq semaines. Les élèves doivent s’absenter de l’école pendant cette période. Il s’agit d’une absence générale approuvée par le ministère de l’Éducation. Durant cette période, ils ne sont pas nécessairement censés se concentrer sur le suivi ou le rattrapage des travaux scolaires qu’ils manquent. Ils se consacrent plutôt au Programme des pages. Leur présence est donc généralement de deux à cinq semaines. Toutefois, comme leur mandat est lié au calendrier parlementaire, il arrive que celui-ci soit écourté ou prolongé. Tout dépend vraiment de l’ordre du jour de la Chambre.
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Amanda Cupido : Dans le cadre de vos fonctions, vous contribuez également à certaines activités en classe avec eux. Mm-hmm. Pourquoi ne pas nous en parler?
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Franco Gutiérrez : Tout à fait. Je suis enseignant agréé par l’Ordre des enseignantes et enseignants de l’Ontario, et l’un des aspects que je préfère dans mon travail, c’est justement de passer du temps en classe avec les pages. Nous avons une salle de classe au sous-sol de l’Assemblée législative, où nous abordons le processus législatif.
Je dirais que ce cours s’apparente au cours d’éducation à la citoyenneté que les élèves suivent en 10e année ici, en Ontario. Nous cherchons essentiellement à leur expliquer les fonctions du gouvernement, le fonctionnement du Parlement et à leur donner un peu de contexte sur ce qui se passe à l’étage. Lorsqu’ils livrent des projets de loi à la Chambre, par exemple, ils ne comprennent pas nécessairement ce qu’ils sont en train de faire. En classe, nous pouvons alors revenir sur la première lecture, la deuxième lecture, la sanction royale, et leur expliquer chacune de ces étapes.
Ils ont aussi l’occasion de rencontrer des personnalités parlementaires. Ainsi, s’ils entendent parler de la lieutenante-gouverneure, qui représente le Roi ici, en Ontario, ils peuvent réellement la rencontrer et lui poser des questions en personne. Tout cela s’harmonise donc très bien, et je pense que l’expérience vécue dans la Chambre, enrichie par les explications données en classe, les aide vraiment à mieux comprendre la matière et à s’investir pleinement dans leur apprentissage.
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Amanda Cupido : Et après cette expérience, qu’est-ce que vous remarquez chez eux? Est-ce que beaucoup souhaitent s’impliquer davantage?
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Franco Gutiérrez : Tout à fait. Je pense qu’ils repartent tous avec une meilleure compréhension du fonctionnement des choses, que ce soit en voyant des pétitions du public présentées par un député, des idées venant de l’opposition ou du gouvernement présentées à la Chambre, ou même les nombreuses manifestations qui ont lieu autour de Queen’s Park.
La devise de l’Assemblée législative est Audi Alteram Partem, c’est-à-dire « entendre l’autre partie ». C’est l’un des principes que nous cherchons toujours à inculquer aux pages dans le cadre du programme. Nous voulons qu’à leur arrivée, ils prennent l’habitude d’écouter les différents points de vue, d’entendre tous les arguments et de recueillir le plus d’information possible.
Lorsqu’ils quittent le programme, qu’ils souhaitent faire carrière en politique, participer à des activités non partisanes ou poursuivre leur engagement communautaire, ils repartent avec une compréhension concrète de l’incidence que peut avoir la mise en pratique de ces principes.
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Amanda Cupido : Quelle est, pour vous, la partie la plus agréable de cette expérience?
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Franco Gutiérrez : En tant qu’enseignant, je dirais que ce que j’apprécie le plus, ce sont les moments où je vois les pages faire des découvertes. Ils manifestent leur curiosité, parfois même à propos de choses dont ils n’avaient pas conscience de s’intéresser, et on voit peu à peu certains concepts s’éclairer pour eux. Ils comprennent alors que l’Assemblée n’est pas simplement une structure qui permet de prendre des décisions : elle est composée de personnes. Le fait d’humaniser les députés, les politiciens, les greffiers et les autres acteurs du Parlement rend tout cela beaucoup plus concret et leur montre que ces rôles sont aussi accessibles.
Lorsqu’un page dit : « Je veux devenir greffier » ou « Je veux devenir député », ou encore lorsqu’il souhaite poursuivre une carrière dans les STIM, c’est toujours très gratifiant de constater qu’il a compris le rôle de l’Assemblée législative. Je crois profondément à l’importance de l’éducation civique. Alors, voir ces jeunes acquérir ces connaissances et réellement comprendre le fonctionnement de nos institutions est très précieux. Il arrive même que des parents nous disent que leur enfant, grâce à son expérience comme page, leur a appris davantage sur ces questions qu’ils n’en savaient auparavant. C’est une façon très particulière de transmettre ces connaissances et de favoriser l’engagement civique.
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Amanda Cupido : C’est formidable. Et le programme a une histoire particulièrement riche. Il existe depuis très longtemps. Pouvez-vous nous parler un peu de l’histoire du Programme des pages?
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Franco Gutiérrez : Tout à fait. C’est un programme qui existe depuis très longtemps, comme en témoignent notamment les complets trois-pièces. À l’époque, avant la Confédération, on trouve déjà des références aux pages dans les Chambres et les parlements.
À l’origine, le programme s’adressait également à de jeunes élèves, mais l’éducation n’en constituait pas nécessairement l’objectif principal. Leur rôle consistait surtout à servir la Chambre. Au milieu du XXe siècle, le programme a progressivement évolué. Un tuteur a alors été affecté aux pages afin de permettre aux élèves retirés de leur école de poursuivre certaines études et de limiter les répercussions sur leur scolarité.
Les anciens uniformes comprenaient notamment un nœud papillon, un pantalon à taille haute et de longues chaussettes. Les pages trouvent toujours intéressant de découvrir cette histoire, car elle leur permet de mieux comprendre leur lien avec l’histoire de la province et de cet édifice, qui est lui-même très ancien. C’est un édifice très imposant.
Cela leur permet de réaliser que des centaines d’enfants ont participé à ce programme au fil des ans. Et aujourd’hui, grâce à sa composante éducative, les pages bénéficient non seulement de l’honoraire qui leur est versé, mais aussi des apprentissages qu’ils acquièrent pendant leur service.
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Amanda Cupido : Il y a donc eu beaucoup de changements en ce qui concerne l’éducation et l’uniforme, mais je sais aussi que les critères d’admission et le fonctionnement du programme ont changé. Pourquoi ne pas nous en parler?
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Franco Gutiérrez : Oui, absolument. Historiquement, seuls des élèves de Toronto pouvaient devenir pages. Aujourd’hui, le programme est ouvert aux élèves de toutes les régions de la province.
Qu’ils viennent de Thunder Bay ou d’une circonscription aussi proche que Toronto-Centre, tous ont la possibilité de venir servir comme pages, peu importe leur circonscription. Ainsi, tout comme les députés présents dans la Chambre représentent une diversité d’opinions et d’expériences, les pages reflètent eux aussi cette diversité.
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Amanda Cupido : Mm-hmm. Il y a aussi de très beaux moments dans ce que les jeunes racontent et dans ce que vous entendez, notamment au moment des adieux.
Et, pour vous dévoiler un peu les coulisses, aujourd’hui était justement une grande journée d’au revoir. C’était la fin du mandat du groupe qui était ici avec nous. Quels sont donc certains des commentaires que vous avez entendus ou des moments qui vous ont particulièrement marqué?
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Franco Gutiérrez : Ce sont toujours des moments très touchants, parce que j’ai eu la chance de constater que beaucoup d’élèves sont réellement tristes de partir.
Même lorsque ce n’était pas nécessairement leur idée de présenter leur candidature — peut-être qu’ils avaient été encouragés par leurs parents à le faire — ils retirent toujours quelque chose d’important de leur expérience à la fin du programme. Ils ont notamment l’occasion d’être entourés d’autres élèves qui réussissent très bien, et certains élèves qui sont plus discrets en classe prennent davantage confiance et s’ouvrent pendant leur participation au Programme des pages.
Nous leur accordons également une plus grande autonomie. Ils effectuent des livraisons de façon autonome, interagissent avec les députés et doivent assumer des rôles et des responsabilités qu’on ne leur confierait pas nécessairement à l’école. Lorsqu’on leur fait confiance et qu’on leur confie de telles responsabilités, ils sont généralement à la hauteur du défi.
À leur départ, ils ont souvent gagné en confiance et développé une meilleure connaissance d’eux-mêmes, particulièrement à cet âge important de 12 à 14 ans, où leur identité est en pleine construction. Ils repartent donc avec ces expériences et ont toujours des choses positives à raconter. C’est très agréable à entendre, qu’il s’agisse des cours qu’ils ont suivis avec moi au sous-sol, de ce qu’ils ont observé dans la Chambre ou des amitiés qu’ils ont créées.
Certains groupes et de nombreux anciens pages reviennent d’ailleurs nous rendre visite. Ils me disent qu’ils sont restés en contact entre eux ou qu’ils ont conservé un lien particulier avec l’Assemblée, un lien qui peut durer toute leur vie.
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Amanda Cupido : C’est magnifique. Savez-vous d’où vient le terme « page »?
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Franco Gutiérrez : J’en ai un souvenir assez vague, mais je crois que le mot « page » vient à l’origine d’un terme qui désignait un serviteur ou un jeune serviteur.
Au Moyen Âge, un page était au service d’un noble ou d’un chevalier. Il recevait néanmoins une certaine éducation, qui pouvait parfois inclure un entraînement militaire, tout en accomplissant des tâches comme servir les repas.
Avec le temps, le terme en est venu à désigner une personne qui sert une assemblée législative. Dans les pays du Commonwealth, les parlements ont tous un programme de pages. L’Ontario compte d’ailleurs les pages les plus jeunes du Commonwealth. Le terme « page », dans le sens de personne au service d’une Chambre, est donc employé dans de nombreux parlements à travers le monde.
On retrouve ainsi des pages législatifs en Nouvelle-Zélande, au Royaume-Uni, à Ottawa et à Toronto. C’est donc une longue histoire qui remonte à loin, et ils sont toujours au service de la Chambre. Voilà.
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Amanda Cupido : Y a-t-il d’autres faits intéressants que les gens ne connaissent peut-être pas au sujet du Programme des pages, mais que vous aimeriez leur faire découvrir?
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Franco Gutiérrez : Oh, c’est une question difficile. Quelques faits amusants sur le Programme des pages. Je crois que le fait qu’ils comptent parmi les plus jeunes pages du Commonwealth ajoute une dimension particulière au programme, puisque ce sont des jeunes de 12 à 14 ans qui interagissent directement avec l’Assemblée législative. Et lorsque j’entends leurs commentaires, je trouve toujours fascinant de voir comment ils perçoivent le monde et interprètent ce qu’ils vivent en temps réel.
Leur point de vue est vraiment intéressant. Pendant la période des questions, ils ont notamment accès à ce qui se passe en coulisses et entendent des choses que les micros ou les caméras ne captent pas nécessairement. Ils sont donc témoins de tout ce qui se passe à Queen’s Park et pendant la période des questions, sans filtre.
Ils entendent des choses qui ne sont pas nécessairement diffusées et peuvent ainsi combler certains éléments manquants. Cela leur donne un peu ce sentiment spécial d’être des pages VIP, des personnes très importantes. Alors, lorsqu’ils se déplacent dans l’Assemblée et qu’un groupe scolaire est en visite, ils se redressent toujours un peu et relèvent légèrement le menton. Ils ressentent une certaine fierté et une certaine autonomie.
Je pense donc que c’est assez amusant de voir ce qui se passe lorsqu’un groupe scolaire est en visite, qu’il s’agisse d’élèves de 5e année ou de 10e année dans le cadre de leur cours d’éducation à la citoyenneté. Il y a toujours beaucoup d’enthousiasme de part et d’autre, et les pages sont très fiers de garder leur sérieux, car l’impartialité et la neutralité politique sont des éléments essentiels du Programme des pages.
Je trouve toujours cette interaction très amusante lorsque j’en suis témoin.
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Amanda Cupido : Super. Mm-hmm. Très bien. J’aimerais savoir à quoi ressemble une journée type pour eux. Pouvez-vous nous expliquer ce qu’ils font, du moment où ils arrivent jusqu’à la fin de leur journée?
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Franco Gutiérrez : Tout à fait. La journée d’un page de l’Assemblée législative est assez longue, comme plusieurs d’entre eux pourront vous le confirmer.
Du lundi au jeudi, la journée commence par une séance d’information à 8 h 15. Les pages sont en uniforme complet et se réunissent tous ensemble en classe. Nous faisons l’appel et désignons chaque jour des capitaines des pages. Ceux-ci ont l’occasion de participer à l’entrée cérémonielle du président en suivant le sergent d’armes, le Président et les greffiers dans la Chambre. Ils exercent également leurs fonctions de capitaines pendant la journée.
Ils veillent notamment sur leurs collègues pages et les guident. Le lendemain, ils présentent un rapport dans lequel ils font état de ce qui s’est bien déroulé, des points à améliorer et des stratégies à adopter pour progresser. La journée commence donc par l’appel, le rapport du capitaine des pages, puis je leur présente le programme de la journée.
Comme nous suivons le calendrier et l’horaire parlementaires, les activités varient d’une journée à l’autre. Il peut notamment y avoir des rencontres avec le greffier, le président, le premier ministre ou le chef de l’opposition officielle. Il peut également y avoir des séances de photos professionnelles ou des rencontres avec d’autres personnalités parlementaires.
Les pages ont aussi des périodes de cours. Habituellement, pendant l’étude des ordres du jour, la moitié du groupe reste dans la Chambre tandis que l’autre moitié se rend dans la salle de classe consacrée aux affaires législatives. Pendant la période des questions, tous sont mobilisés. Après le repas du midi, ils sont de nouveau tous mobilisés l’après-midi pour assurer la distribution des principaux documents, notamment les projets de loi, les motions, les rapports des comités et les pétitions.
Vient ensuite une autre période d’étude des ordres du jour. La moitié du groupe se rend alors en bas pour une période d’étude autonome, tandis que l’autre moitié reste dans la Chambre, jusqu’à la fin de la journée. Les vendredis sont particuliers, puisque l’Assemblée législative ne siège pas cette journée-là. Nous organisons donc une sortie éducative.
Il peut s’agir, par exemple, d’une visite au Musée royal de l’Ontario, à l’Aquarium Ripley’s ou à Medieval Times. C’est une belle façon de conclure une semaine longue et chargée, et de récompenser les pages pour leurs efforts.
[00:17:50]
Amanda Cupido : Et surtout pour les pages qui viennent de l’extérieur de Toronto, j’imagine que c’est une expérience particulièrement intéressante.
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Franco Gutiérrez : C’est un point très important. Beaucoup de nos pages ne viennent pas de Toronto, alors le vendredi leur permet de découvrir la ville. Pour certains, c’est peut-être même la première fois qu’ils utilisent les transports en commun. Mm-hmm. La découverte de la ville fait donc elle aussi partie de leur expérience au sein du programme.
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Amanda Cupido : Le fait intéressant du jour concerne les premières filles à devenir pages en Ontario. Elles ont été nommées en 1971, sous la présidence de Fred Cass. Une responsable des pages a été embauchée pour superviser les filles, mais son rôle s’est rapidement étendu à la supervision de l’ensemble des pages. La situation a complètement évolué à l’automne 1980, lorsqu’un groupe composé exclusivement de filles a été sélectionné, ce qui reflétait le nombre élevé de candidatures féminines, qui dépassaient de plus de trois fois le nombre de candidatures masculines.
C’est tout pour aujourd’hui. Si vous souhaitez en apprendre davantage sur le processus de candidature au Programme des pages, les candidatures sont acceptées en ligne deux fois par année, au printemps et à l’automne. Pour obtenir plus d’information et présenter votre candidature, consultez le site Web ola.org/fr. Merci d’avoir écouté le balado Parlons du parlement. Ce balado est produit par l’Assemblée législative de l’Ontario.
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