Transcription
Vendredi le 23 octobre 2026
29 min 33 s (audio)
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Amanda Cupido : Bienvenue à Parlons du parlement, le balado qui vous fait découvrir l’histoire, les rouages et les fantômes qui façonnent l’Ontario. Je m’appelle Amanda Cupido et je vous ai préparé un épisode spécial pour l’Halloween. Je vous emmène dans une visite audio des lieux hantés de l’édifice de l’Assemblée législative. Avec David Bogart, agent des communications à l’Assemblée législative de l’Ontario, nous allons découvrir cinq endroits particulièrement réputés pour être hantés.
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Amanda Cupido : C’est parti! Nous sommes dans le hall d’entrée principal de l’édifice de l’Assemblée législative de l’Ontario. Vous entendez toute cette animation autour de nous : les groupes de visiteurs se succèdent sans arrêt. Ce que ces centaines de personnes ne savent peut-être pas, c’est que cet édifice est hanté.
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Amanda Cupido : Pour nous en dire plus, voici David Bogart. Merci d’être avec nous. Pourquoi cet édifice est-il si hanté?
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David Bogart : Merci de m’avoir invité, Amanda. C’est un plaisir. Mais avant tout, je dois vous poser une question : vous n’avez pas un peu peur?
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Amanda Cupido : J’adore les fantômes. Alors je me suis dit : « Qu’ils viennent, je les attends! »
[00:01:10]
David Bogart : Vous y croyez ou vous êtes plutôt sceptique?
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Amanda Cupido : Je crois aux fantômes, mais je n’aime pas vraiment les appeler ainsi, parce que ça fait un peu peur. On imagine quelqu’un avec un drap sur la tête. Je préfère parler d’esprits. Je pense qu’il y a beaucoup de bons esprits qui contribuent à faire arriver de belles choses dans notre vie. Il y en a aussi des négatifs, mais je choisis de ne pas entrer en contact avec eux.
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David Bogart : C’est une bonne façon de voir les choses, surtout compte tenu de certaines des histoires que nous allons découvrir aujourd’hui. Il y a un peu de malveillance, mais aussi des histoires positives.
C’est un mélange des deux, parce que cet endroit est chargé d’histoire. J’aime bien dire qu’il est hanté par son propre passé. Cette énergie, cette présence, est ici depuis plus de 130 ans. L’édifice a ouvert ses portes en 1893 et il s’y est passé bien des choses depuis. C’est l’un des plus anciens endroits de Toronto.
Il reste peu de bâtiments du XIXe siècle à Toronto qui sont encore en activité. Le secteur autour de Queen’s Park est imprégné de l’histoire du centre-ville, et certaines des histoires dont nous allons parler sont liées à des endroits qui se trouvaient autrefois à proximité.
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Amanda Cupido : C’est logique. Quand on croit aux esprits, il est facile d’adhérer à cette idée, puisqu’ils sont, en quelque sorte, partout autour de nous. Pourquoi ne seraient-ils pas ici, dans l’un des lieux les plus historiques de la ville?
[00:02:26]
David Bogart : Exactement.
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Amanda Cupido : Et vous, qu’en pensez-vous? Croyez-vous aux fantômes?
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David Bogart : Oui, j’y crois, mais je n’ai jamais rien vu moi-même ici, même si j’ai accompagné des personnes qui ont vécu des expériences vraiment étonnantes.
Il m’est arrivé de ressentir cette impression inquiétante qu’on éprouve quand on a l’impression de devoir regarder derrière soi, mais je n’ai jamais vu ce qu’on pourrait appeler un fantôme au sens habituel du terme. Cela dit, beaucoup de gens ont vécu des choses inhabituelles et, compte tenu de l’énergie et de la présence qui se dégagent de cet endroit, je crois qu’il s’y passe quelque chose.
[00:02:54]
Amanda Cupido : Oui, on sent qu’il y a quelque chose dans l’air. Et vous, ça fait déjà un bon moment que vous travaillez ici.
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David Bogart : En effet.
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Amanda Cupido : Voulez-vous révéler à nos auditeurs depuis combien de temps vous travaillez ici?
[00:03:01]
David Bogart : Je suis presque le fantôme de Queen’s Park. Ça fait près de 40 ans que je suis ici.
J’ai commencé à l’été 1990, alors que j’étais étudiant, et je suis toujours là aujourd’hui. Pendant toutes ces années, j’ai entendu quantité d’histoires racontées par des gens qui ont travaillé dans cet édifice. Après presque quatre décennies, j’ai fini par me constituer une véritable collection de légendes et de témoignages sur les phénomènes qui s’y seraient produits.
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Amanda Cupido : Vous êtes donc le guide idéal pour notre visite d’aujourd’hui. Allons-y.
[00:03:36]
Amanda Cupido : Notre premier arrêt se trouve au sous-sol, du côté est de l’édifice. Pouvez-vous nous décrire ce qui nous entoure?
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David Bogart : L’ambiance est un peu inquiétante ici. Si les lumières étaient éteintes, l’endroit serait franchement sinistre. Nous sommes dans un long couloir aux murs de briques apparentes, qui a un cachet très ancien.
Des personnes qui se présentent comme des médiums et qui disent percevoir la présence d’esprits ont rapporté avoir ressenti ici des émotions très négatives. Leurs expériences seraient liées à l’histoire des lieux. Ce n’est pas le premier bâtiment à avoir été érigé à cet endroit.Juste à l’est d’ici se trouvait le King’s College, construit dans les années 1840. Une dizaine d’années plus tard, la législature provinciale en a pris possession. Comme le collège n’était pas utilisé au maximum de sa capacité, on l’a transformé en hôpital. Selon certains récits, de nombreuses patientes qui y étaient hébergées ont vécu des expériences très éprouvantes.
On l’a alors surnommé « l’asile universitaire ». Compte tenu des pratiques médicales du XIXe siècle, ce n’était pas nécessairement un endroit où l’on souhaitait se retrouver. Lorsque le bâtiment a été démoli dans les années 1880, ses pierres de fondation en calcaire ont été réutilisées pour construire les fondations de l’édifice actuel.
Cela crée un lien avec le site précédent. Les médiums qui viennent ici disent ressentir la présence d’esprits féminins en détresse. Ils racontent entendre des cris, se sentir mal et percevoir des interventions inquiétantes qui auraient lieu dans les environs.
Certains affirment que ces esprits circulent à travers les murs de l’édifice. Ils sembleraient liés à d’autres esprits féminins qui, selon les témoignages, seraient toujours présents ici.
[00:05:17] Amanda Cupido : C’est intéressant, parce que ce couloir est très fréquenté. Vous avez peut-être entendu du bruit derrière nous. Nous sommes aussi tout près du métro, alors on ressent les vibrations et on entend le grondement des rames ici, au sous-sol.
L’atmosphère est déjà chargée et, sachant que des esprits seraient associés à cet endroit, j’en ai des frissons!
[00:05:38]
David Bogart : C’est exactement ce que les médiums ont décrit. Ils disent avoir ressenti ici la présence d’esprits féminins tourmentés.
L’atmosphère devient encore plus intense dans le grenier. On raconte que l’une des anciennes patientes y serait toujours présente. Il y aurait aussi un esprit particulièrement malveillant, qu’un médium aurait identifié sous le nom de Claire ou Clarice.
On la considère comme un esprit frappeur. On lui attribue des phénomènes comme des rideaux qui bougent, des bruits étranges et des courants d’air soudains. On raconte qu’elle n’aime pas les hommes et qu’elle irait même jusqu’à bousculer les gens. Un ancien agent de sécurité aurait eu l’impression d’avoir été poussé à cet endroit.
Un médium qui s’est rendu dans le grenier aurait été visiblement troublé et aurait voulu repartir immédiatement.
C’est probablement l’esprit le plus inquiétant de l’édifice. Les autres seraient plutôt des âmes malheureuses liées au site historique qui se trouvait à proximité.
[00:06:49]
Amanda Cupido : Est-ce que quelqu’un l’a déjà vue, ou est-ce plutôt une présence qu’on ressent?
[00:06:54]
David Bogart : Le médium a dit avoir aperçu deux silhouettes féminines. Celle qui se trouverait dans ce couloir porterait une robe rose et courrait dans les corridors de brique.
L’autre, Clarice, porterait une robe bleue et chercherait sans cesse son mari. Lorsqu’elle comprend qu’elle ne le trouvera pas, elle se met en colère contre les hommes qu’elle croise.
Ces esprits semblent profondément tourmentés.
[00:07:27]
Amanda Cupido : C’est fascinant, mais je trouve ça triste pour elles.
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David Bogart : Exactement. Imaginez être aussi bouleversé pour l’éternité, à courir dans les couloirs et à travers les murs de cet édifice sans jamais réussir à en sortir.
[00:07:38]
Amanda Cupido : Il m’arrive déjà de ne pas trouver la sortie, même avec les deux pieds sur terre. J’imagine que ce n’est pas plus facile pour elles.
[00:07:45]
David Bogart : Surtout dans un endroit comme celui-ci. L’atmosphère est vraiment inquiétante.
[00:07:51]
Amanda Cupido : Les planchers de béton sont froids, ce qui contribue à créer cette ambiance. Racontez-moi d’autres phénomènes qui seraient survenus dans ce secteur.
[00:08:01]
David Bogart: Une autre histoire intéressante se serait déroulée plus loin dans ce couloir.
Ce passage mène à un sous-sol de rangement construit dans les années 1920 pour entreposer les pellicules de la Commission de censure de l’Ontario. Comme les pellicules étaient très inflammables, on avait aménagé un espace spécialement conçu pour leur entreposage.
Vers 2010, lors de travaux de démolition, un entrepreneur a vécu une expérience inhabituelle. Il a entendu des pas derrière lui et aperçu un homme qui remontait la rampe depuis la zone d’entreposage.
Pensant qu’il s’agissait de son superviseur qui venait lui apporter un café, l’entrepreneur n’y a d’abord pas prêté attention. Pourtant, il n’a entendu ni bruit ni conversation. L’homme portait des vêtements qui semblaient dater du XIXe siècle.
Lorsque l’entrepreneur s’est retourné, l’homme avait disparu. Ébranlé, il a interrompu son travail et signalé l’incident. Selon son témoignage, la silhouette semblait avoir traversé un mur.
Rien ne permet d’expliquer clairement ce qui s’est passé. Peut-être s’agissait-il de l’un des ouvriers qui avaient participé à la construction initiale de l’édifice, dans les années 1880.
[00:09:29]
Amanda Cupido : Peut-être qu’il essaie simplement de faire son travail et de veiller à l’entretien de l’édifice.
[00:09:31]
David Bogart : Exactement. Il faut bien gagner sa vie d’une façon ou d’une autre.
[00:09:34]
Amanda Cupido : Bon, là, je commence à avoir la chair de poule. Passons au prochain endroit.
[00:09:36]
David Bogart : Allons-y.
[00:09:40]
Amanda Cupido : Deuxième arrêt. Nous sommes du côté est du premier étage, dans la partie originale de l’édifice, avec sa structure en bois et en fonte. Parlez-moi de cet endroit.
[00:09:51]
David Bogart : Cette partie a conservé une bonne partie de son architecture d’origine, ce qui lui confère une atmosphère historique bien particulière.
Contrairement aux histoires plus inquiétantes du sous-sol, celles qui sont associées à cet endroit sont un peu moins sinistres. Ce lieu est lié à Richard Scott, un ancien président de l’Assemblée législative.
Même s’il n’a jamais travaillé dans cet édifice, on raconte que son esprit y serait encore très présent. Des personnes disent avoir entendu des chuchotements, observé de légers déplacements d’objets et senti de soudaines bouffées d’air dans ce couloir.
Son portrait est accroché au-dessus des meubles derrière moi. Scott a été président de l’Assemblée législative dans les années 1870, à l’époque où celle-ci siégeait dans l’ancien édifice législatif de la rue Front. Fait intéressant, un médium l’a décrit comme l’un des esprits les plus puissants des lieux.
Scott a quitté la présidence après seulement deux semaines pour devenir commissaire des terres de la Couronne. Par coïncidence, le bureau voisin a servi à la fois de bureau du président et de bureau du ministère des Terres de la Couronne.
Cela pourrait expliquer pourquoi on dit que son esprit reste attaché à cet endroit.
[00:11:43]
Amanda Cupido : Oh là là! Pour ceux qui ne peuvent pas voir son portrait, je vais vous le décrire. Il a l’air plutôt sévère, avec un nez long et fin et une barbe soigneusement taillée. Il a les cheveux blond-blanc et bouclés, et son regard est tourné vers le côté. Il porte un col roulé noir qui lui monte jusqu’à la barbe, et le tout est encadré dans un cadre doré orné.
Le cadre ressort vraiment, parce qu’il est beaucoup plus grand que ceux qui se trouvent à proximité. Le portrait est placé dans une ouverture ovale entourée de plusieurs pouces de décorations dorées. C’est assez imposant. Y avait-il une raison à cela?
[00:12:32]
David Bogart : Je ne saurais pas vous dire, mais il a toujours été réputé pour être un travailleur acharné. Selon le médium, il serait encore dans son bureau, en train d’examiner des livres et des registres pour s’assurer que tout est en ordre. Même aujourd’hui, il semble toujours déterminé à servir la population.
[00:12:47]
Amanda Cupido : Il prend la réussite très au sérieux.
[00:12:48]
David Bogart : Et il n’est pas le seul. Nous allons découvrir quelques autres personnes qui semblent poursuivre leur mission de service public dans l’au-delà. Il fait simplement partie des esprits que l’on associe le plus souvent à cet édifice.
[00:12:58]
Amanda Cupido : Pour vous situer, son portrait se trouve à une dizaine de pas seulement du bureau du président de l’Assemblée. On a donc vraiment l’impression qu’il se trouve dans le même secteur.
[00:13:09]
David Bogart : Exactement.
[00:13:10]
Amanda Cupido : Je sais aussi qu’une autre histoire inquiétante est associée à ce secteur. Racontez-nous.
[00:13:17]
David Bogart : De l’autre côté du couloir, il y a une salle qui sert aujourd’hui aux activités scolaires. Elle a d’abord été utilisée comme salle forte, puis comme espace d’exposition.
À l’époque, nous accrochions les bannières des expositions à l’extérieur de la salle, sur une barre fixée au-dessus de la porte. Pour une raison inconnue, la bannière tombait souvent de la barre, sans raison apparente.
Selon certains récits associés à Richard Scott, c’était l’une des façons dont il faisait sentir sa présence.
[00:13:46]
Amanda Cupido : Il voulait simplement rappeler aux gens : « Je suis toujours là. »
[00:13:48]
David Bogart : « Je travaille toujours. »
[00:13:50]
Amanda Cupido : Même si ça donne un peu plus de travail à tout le monde.
[00:13:54]
David Bogart : Ou qu’il fait peur aux gens en faisant tomber des objets du mur.
[00:13:56]
Amanda Cupido : J’adore! Au moins, il semble avoir le sens de l’humour. Bon, passons au troisième arrêt.
[00:14:01]
David Bogart : J’ai hâte.
[00:14:05]
Amanda Cupido : Nous sommes maintenant au deuxième étage, du côté ouest de l’édifice. Cette section en marbre a été reconstruite après l’incendie du début des années 1900.
Vous entendrez peut-être un peu d’écho, car les plafonds sont très hauts. C’est un couloir majestueux. Parlez-nous des phénomènes qui auraient été observés ici.
[00:14:26]
David Bogart : Divers phénomènes auraient été signalés ici, principalement dans l’angle nord-ouest du couloir et près de l’escalier devant nous.
On trouve dans ce secteur la suite du lieutenant-gouverneur. Elle est aujourd’hui occupée par la lieutenante-gouverneure, mais, à l’ouverture de l’édifice, elle servait aussi de résidence au président de l’Assemblée législative.
Plusieurs apparitions y auraient été signalées, dont une impliquant Louis Breithaupt, un ancien lieutenant-gouverneur.
Un membre du personnel aurait un jour aperçu quelqu’un traversant la salle de musique. Cette personne croyait être seule dans la suite, mais elle a remarqué par la suite que la silhouette ressemblait beaucoup à celle représentée sur le portrait de Breithaupt.
L’incident remonterait à une vingtaine d’années.
Une autre histoire concerne un médium qui aurait entendu deux esprits converser dans la suite. Par ailleurs, un de mes anciens collègues remplaçait une ampoule à proximité lorsqu’il a levé les yeux vers l’escalier et aperçu deux hommes en uniforme militaire de la Première Guerre mondiale qui le regardaient d’en haut.
Le médium a ensuite décrit deux esprits qui semblaient être affectés en permanence à cet endroit. Peut-être considèrent-ils qu’ils doivent continuer à protéger le lieutenant-gouverneur.
Quelques étages au-dessus de la suite se trouve l’appartement de la présidente de l’Assemblée, actuellement occupé par l’honorable Donna Skelly. Il a également accueilli d’anciens présidents et, à une certaine époque, le concierge de l’édifice.
Selon un médium, l’épouse d’un ancien concierge, décédée dans l’édifice, serait toujours associée à ce secteur. Elle serait considérée comme l’un des esprits les plus puissants des lieux.
Un autre témoignage concerne un ancien fonctionnaire près du haut de l’escalier. Un soir, un agent de sécurité effectuait sa ronde lorsqu’il a vu une brume descendre du cinquième au quatrième étage.
La brume semblait prendre la forme d’une silhouette avant de se dissiper dans le plafond.
De nombreux phénomènes différents auraient été observés dans ce secteur, mais rien d’aussi malveillant que ce qui aurait été signalé au sous-sol ou dans le grenier.
[00:17:28]
Amanda Cupido : C’est intéressant de constater que tant de ces esprits semblent être des fonctionnaires qui continuent de hanter les lieux. Pourquoi, à votre avis?
[00:17:32]
David Bogart : Il n’y a pas que des fonctionnaires. Certaines histoires mettent aussi en scène des membres du public.
Un médium m’a raconté qu’un esprit, au troisième étage, semblait déterminé à trouver un bureau où il pourrait payer une facture du gouvernement, comme s’il avait une affaire inachevée datant d’un siècle.
Le point commun, c’est le service. Qu’il s’agisse de policiers, de militaires, de fonctionnaires ou de simples citoyens, leur lien avec cet endroit semble persister.
[00:18:03]
Amanda Cupido : Une affaire inachevée. Ils se disent : « Mon âme ne pourra reposer en paix tant que cette facture ne sera pas payée. »
[00:18:08]
David Bogart : Ou encore : « Où est mon nouveau permis de conduire? »
[00:18:11]
Amanda Cupido : Il faut bien en rire.
Bon, passons à notre quatrième arrêt.
[00:18:18]
Amanda Cupido : Notre quatrième arrêt est la salle de régie principale, utilisée par l’équipe des services de diffusion et d’enregistrement.
C’est un peu mon territoire, ici. C’est une pièce longue et étroite, avec plusieurs postes de travail, des pupitres de commande, des écrans, des microphones et du matériel de production. C’est de là que le personnel contribue à la production de la Chaîne parlementaire de l’Ontario et surveille les retransmissions provenant de la Chambre et des salles de comité.
Ce que je découvre aujourd’hui, c’est que l’endroit serait lui aussi hanté. Alors, que s’est-il passé ici?
[00:18:57]
David Bogart : Il peut sembler étrange de parler de fantômes au milieu de toute cette technologie, mais il s’agit en fait de l’une des histoires les plus récentes.
Tout commence à l’extérieur. Un soir, quelques agents patrouillaient sur le terrain lorsqu’ils ont remarqué que l’étoile lumineuse, visible à l’une des fenêtres des étages supérieurs, était allumée.
Cette étoile ne sert que lorsque la Chambre siège tard en soirée. Les agents savaient que la Chambre ne siégeait pas; ils ont donc été surpris de la voir allumée.
Ils sont entrés dans l’édifice et se sont dirigés vers la Chambre. En arrivant, ils ont constaté que toutes les lumières de la salle étaient également allumées. Comme personne n’était censé s’y trouver, ils ont commencé à enquêter.
Les commandes de l’éclairage de la Chambre se trouvent ici, dans la régie. Les agents ont donc lentement gravi les escaliers.
À leur arrivée, ils ont remarqué qu’une porte de la réserve était entrouverte, ce qui était inhabituel puisque personne n’était censé se trouver là.
Avant même qu’ils aient eu le temps de réagir, tous les écrans se sont soudainement mis à clignoter intensément. Des éclats lumineux semblaient filer d’un bout à l’autre du mur d’écrans, puis la porte du placard a claqué brusquement.
Les agents ont été complètement pris au dépourvu. Quoi qu’il se soit passé, ce n’était pas quelque chose à quoi ils s’attendaient.
[00:20:39]
Amanda Cupido : Juste à l’extérieur de cette salle se trouve l’un de mes couloirs préférés de l’édifice. Il est situé du côté est et la lumière qui filtre à travers le plafond en vitraux y est magnifique.
Maintenant, j’ai presque peur de demander ce qui s’est passé là-bas.
[00:21:01]
David Bogart : Il y a quelques histoires intéressantes qui viennent de ce secteur.
L’une d’elles concerne la salle 374. Un de mes anciens collègues aurait rencontré ce que l’on croit être un autre esprit féminin qui hanterait cette partie de l’édifice.
Selon les légendes locales, sa présence s’accompagnerait souvent de pleurs ou de sanglots.
Un après-midi, elle serait apparue directement devant mon collègue, avant de le traverser de part en part, lui laissant une intense sensation de froid glacial.
Ce qui rend cette histoire particulièrement étonnante, c’est que mon collègue était quelqu’un de très sceptique. Cette expérience a complètement changé sa façon de voir les choses.
[00:21:55]
Amanda Cupido : Cet esprit s’est dit : « Je vais le convaincre. »
[00:21:57]
David Bogart : Apparemment, elle y est parvenue.
Une autre histoire se déroule dans la tribune du public située du côté est de la Chambre.
Un soir, au début des années 1980, un agent patrouillait dans cette partie plongée dans l’obscurité lorsqu’il a remarqué quelqu’un assis au premier rang.
Comme le secteur était fermé au public, il s’est approché et a demandé à la personne ce qu’elle faisait là. Il n’a obtenu aucune réponse.
En s’approchant davantage, il a vu la silhouette se lever lentement et se tourner vers lui.
L’agent a alors aperçu ce qui semblait être un uniforme militaire d’apparat complet datant du XIXe siècle.
Avant qu’il ait pu réagir, la silhouette s’est précipitée vers lui et l’a traversé de part en part.
Cette expérience l’a profondément effrayé et, selon le récit, il a quitté son emploi peu de temps après, ne voulant plus patrouiller seul dans l’édifice.
[00:23:29]
David Bogart : Il y a une autre histoire liée à ce secteur.
Alors que je parcourais ces couloirs avec un médium, celui-ci n’arrêtait pas de me demander si je connaissais quelqu’un du nom de Charles.
Il m’a expliqué que Charles avait occupé un poste important ici et qu’il était lié à l’année 1934.
Au début, ça ne me disait rien. Après tout, cet édifice a plus de 130 ans d’histoire. Mais le médium insistait sur l’importance de Charles.
Je lui ai suggéré de suivre Charles pour voir où il allait.
[00:24:06]
Amanda Cupido : À en juger par votre expression, je suppose que notre prochain arrêt a un lien avec Charles.
[00:24:13]
David Bogart : Je pense que oui.
[00:24:14]
Amanda Cupido : Bon, c’est parti.
[00:24:18]
Amanda Cupido : Nous voici à notre cinquième et dernier arrêt de cette visite des lieux hantés : la Chambre.
Nous nous trouvons sur le parquet de la Chambre, au deuxième étage de l’édifice. C’est ici que se déroulent les travaux parlementaires et les activités du gouvernement provincial.
Nous sommes juste devant les portes principales, sous les Sept enseignements des grands-pères. À côté de nous se trouve un petit bureau qui, je crois, joue un rôle central dans notre prochaine histoire. Alors, quel est le lien avec Charles?
[00:24:56]
David Bogart : Nous avons parlé un peu de Charles dans le couloir, et l’une des expériences les plus fascinantes que j’ai vécues lors d’une visite avec un médium le concernait.
Pour poursuivre l’histoire, le médium a dit que nous devions entrer dans la Chambre. Il nous indiquait précisément ce secteur, alors qu’il ne connaissait pas très bien l’édifice.
Nous avons emprunté le couloir derrière nous, puis sommes montés jusqu’à la tribune de la presse, au-dessus du fauteuil du président de l’Assemblée. Dès que nous y sommes entrés, le médium a réagi.
Il a dit : « Charles est là. Il est assis à un bureau, en bas. »
Je lui ai demandé : « À quel bureau? »
Il a désigné celui-ci, juste ici : le bureau du sergent d’armes.
Ce bureau a toujours été là. Il fait partie du mobilier permanent, au centre de la Chambre, près de l’entrée. Le sergent d’armes veille à la protection de l’Assemblée législative, porte la masse parlementaire dans la Chambre, assure la sécurité des députés et exécute les ordres du président de l’Assemblée au besoin.
Le médium revenait sans cesse sur le nom de Charles et sur l’année 1934. J’avais l’impression de n’avoir que quelques pièces d’un casse-tête.
Après la visite, j’ai fait des recherches et découvert qu’il faisait probablement référence au capitaine Charles Rutherford, qui a occupé le poste de sergent d’armes de l’Ontario de 1934 environ à 1936, sous le gouvernement de Mitch Hepburn.
Le capitaine Rutherford était également un ancien combattant de la Première Guerre mondiale. Il avait reçu la Croix de Victoria pour son courage exceptionnel au combat. Lors d’une bataille en France, en 1918, il s’est rendu célèbre en capturant une unité allemande entière.
Nous avons donc affaire à un homme qui a consacré sa vie au service des autres. Il a servi dans l’armée, puis à Queen’s Park et, apparemment, il aime encore aujourd’hui continuer à servir ici.
Le capitaine Rutherford est décédé vers 1989, mais, selon les récits, il revient encore accomplir ses fonctions.
L’un des moyens par lesquels il aurait signalé sa présence serait le tintement d’un trousseau de clés. Plusieurs agents qui travaillaient dans la Chambre auraient entendu des clés s’entrechoquer alors qu’il n’y avait personne d’autre dans les parages. Ils y voyaient un signe que le capitaine Rutherford était toujours en service.
[00:27:03]
Amanda Cupido : C’est fascinant. Quand vous avez fini par assembler toutes les pièces du casse-tête, avez-vous eu des frissons dans le dos?
[00:27:08]
David Bogart : Oui, et j’en ai encore chaque fois que je raconte cette histoire.
Cela rejoint l’un des thèmes qui reviennent tout au long de cette visite : le service.
Le service à l’édifice, à l’institution et aux responsabilités qui nous incombent. On sent que l’esprit du service public est encore bien vivant dans ces lieux, particulièrement ici, dans la Chambre.
[00:27:30]
Amanda Cupido : J’imagine qu’il n’y a pas que Charles dans cette salle. C’est l’un des lieux les plus chargés d’histoire de tout l’édifice.
A-t-on signalé la présence d’autres esprits ici?
[00:27:40]
David Bogart : Apparemment, deux autres esprits, moins connus, se manifesteraient régulièrement ici.
L’un serait un ancien politicien qui s’assoit dans l’une des tribunes pour suivre les débats. Le médium l’a décrit comme une silhouette assez indistincte, ce qui rendait son identification difficile.
L’autre serait l’ancien militaire dont nous avons déjà parlé, celui qui aurait effrayé un agent dans la tribune est du public il y a des années.
Ce sont les deux apparitions les plus souvent signalées dans la Chambre, après celle du capitaine Rutherford.
On pourrait s’attendre à ce qu’il y en ait beaucoup d’autres, mais peut-être respectent-ils tout simplement les lieux.
[00:28:13]
Amanda Cupido : C’est possible.
[00:28:14]
David Bogart : Après tout, c’est ici que sont adoptées les lois de l’Ontario. Peut-être ne veulent-ils pas perturber le processus législatif.
[00:28:18]
Amanda Cupido : Et s’ils sont vraiment dévoués au service public, ça se comprend.
Ils se disent : « Nous, on va plutôt signaler notre présence dans les couloirs. »
[00:28:23]
David Bogart : Exactement. L’esprit qui semble particulièrement attaché à cette salle serait celui de la personne chargée de veiller au bon déroulement des choses.
Qu’il s’agisse du sergent d’armes actuel ou de son pendant fantomatique, les choses continuent de suivre leur cours.
[00:28:39]
Amanda Cupido : C’est ce qui conclut notre visite spéciale de l’Halloween, mais j’aimerais vous laisser sur un dernier fait assez troublant.
L’Assemblée législative de l’Ontario possède un piano au rez-de-chaussée, dont on ne joue généralement que lors de cérémonies et d’événements spéciaux.
Certains présidents de l’Assemblée ont raconté avoir entendu le piano jouer tard dans la nuit, jusque dans leur appartement situé au troisième étage.
Si les histoires de fantômes que vous avez entendues aujourd’hui vous intriguent et que vous souhaitez découvrir ces lieux par vous-même, sachez que l’Assemblée législative de l’Ontario propose des visites sur le thème des fantômes tout au long du mois d’octobre.
[00:29:28]
Amanda Cupido : Rendez-vous sur OLA.org, puis consultez la section « Découvrir l’Assemblée législative » pour réserver votre visite.
Merci d’avoir écouté le balado Parlons du parlement. Ce balado est produit par l’Assemblée législative de l’Ontario.
Je m’appelle Amanda Cupido. Nous avons encore plein d’histoires à vous raconter, alors abonnez-vous au balado sur votre plateforme d’écoute préférée.
Joyeux Halloween!
