Le major-général Sir Isaac Brock (1769-1812)

A portrait of Major-General Sir Isaac Brock, one of the greatest military heroes from Ontario’s past, is displayed prominently in the lobby of the Legislative Building.

Un  portrait du major général Sir Isaac Brock, un des plus grands héros militaires de l’histoire de l’Ontario, est bien en vue dans le hall de l’édifice législatif.

Brock prit le commandement des troupes britanniques du Haut-Canada (aujourd’hui l’Ontario) en 1810, à la suite d’une série de campagnes militaires couronnées de succès en Europe, où il se révéla un commandant efficace et habile. L’année suivante, Brock assuma aussi les fonctions de président et d’administrateur du Haut-Canada, en remplacement temporaire du lieutenant-gouverneur, qui avait pris congé et séjournait alors en Angleterre. Dans le cadre de ces fonctions, Brock se rendit compte que la guerre avec les États-Unis était imminente et il entreprit des préparatifs en vue de défendre sa colonie. À cet effet, il renforça les liens avec les Premières Nations de la région et forgea une alliance avec le chef des Shawnis, Tecumseh. Brock savait, en effet, que sans le soutien des guerriers autochtones, la défaite des Britanniques dans un conflit éventuel serait presque certaine.

Peu après la déclaration de guerre officielle, Brock remporta une victoire cruciale à Détroit, grâce à ses alliés autochtones. En août 1812, Brock bluffa si bien le général américain William Hull, en encerclant le fort Détroit d’une force de seulement quelques centaines de miliciens et de guerriers autochtones, que le commandant américain capitula. De fait, il intimida ce dernier en lui mentant au sujet du nombre de ses troupes et en lui faisant accroire que le refus de se rendre conduirait à un bain de sang. Pour s’assurer que les Américains croiraient réellement que les forces britanniques surpassaient de loin, en nombre, les forces américaines, il créa l’illusion qu’il avait plusieurs milliers de soldats sous ses ordres, et ce, en les faisant apparaître et réapparaître à divers endroits aux alentours du fort Détroit. Cette déception finit par convaincre Hull de capituler, de sorte que presque 600 soldats américains furent faits prisonniers de guerre. Brock fut anobli au titre de chevalier en reconnaissance de sa victoire à Détroit.

Plusieurs mois plus tard, soit en octobre 1812, les Américains dirigèrent un assaut majeur contre le Haut-Canada lors de la bataille de Queenston Heights. Au cours de l’attaque, des soldats américains traversèrent la rivière Niagara et se mirent à escalader les falaises hautes de 300 pieds se trouvant près de Queenston pour avancer vers les positions britanniques. Une victoire militaire aurait permis aux Américains de prendre fermement pied au Canada, mettant ainsi en péril la maîtrise du Haut-Canada par les Britanniques. Conscient de ce danger, Brock se résolut à entreprendre une contre-attaque audacieuse, se précipitant lui-même dans la bataille à la tête de ses troupes. Or, en raison de sa grande taille et de son uniforme d’officier, il était une cible facile pour les tireurs d’élite américains. Le major général fut atteint d’une balle dans la poitrine et blessé mortellement. Le général Roger Sheaffe assuma alors le commandement des forces britanniques et réussit à tenir les Américains à distance, remportant ainsi la victoire dans cette bataille cruciale. Le courage de Brock lui valut d’être reconnu comme héros de guerre canadien. Pour l’honorer, un monument en forme d’une grande colonne corinthienne, dont le pied renferme encore aujourd’hui sa dépouille, fut érigé au sommet des hauteurs surplombant Queenston.